Assange sera fixé le 24 février sur son extradition en Suède

LONDRES – Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, saura le 24 février si la Grande-Bretagne accepte son extradition vers la Suède, où il est considéré comme “ennemi public numéro 1” à en croire ses avocats qui disposent de moult possibilités d’appel.

Après avoir entendu pendant trois jours les deux parties, le tribunal londonien de Belmarsh, chargé d’examiner l’affaire, a annoncé vendredi qu’il s’accordait treize jours de délai avant de se prononcer sur la requête du parquet suédois. Ce dernier veut entendre le fondateur de WikiLeaks sur des accusations de viol proférées à son encontre par deux jeunes femmes.

A sa sortie du tribunal, l’Australien, qui a semblé détendu pendant les débats, a estimé que si la décision rendue le 24 février lui était favorable, la Suède ferait sans doute appel.

La bataille judiciaire promet d’être longue. Car le fondateur de WikiLeaks, devenu une célébrité depuis que son site a commencé l’an dernier à publier des milliers de documents officiels confidentiels, dispose lui aussi de multiples recours judiciaires.

Assange, qui a toujours nié formellement les accusations dont il est l’objet, a jugé que ces trois journées d’audience avaient permis de mettre en lumière “le caractère injuste du système du mandat d’arrêt européen” et “les méthodes de la police et de la justice en Suède“. Mais il s’est plaint de “n’avoir jamais pu exposer sa version des faits” et que les échanges “se soient bornés à des débats de procédure“.

Le juge britannique est en tout cas resté sourd aux souhaits de ses avocats, qui réclamaient un ajournement de l’audience, arguant que les récents propos du Premier ministre suédois avaient “créé une atmosphère toxique” dans son pays, nuisible à leur client.

Fredrik Reinfeldt avait jugé mercredi “regrettable que les droits des femmes et leurs points de vue soient aussi peu pris en compte” par la défense de M. Assange.

C’est “un comportement scandaleux“, a lancé l’un des avocats de la défense, Geoffrey Robertson. Julian Assange est devenu “l’ennemi numéro 1” en Suède.

Dans tout pays qui se respecte, la sphère judiciaire est séparée de la sphère politique. Apparemment en Suède, ce n’est pas le cas“, a renchéri son collègue Mark Stephens, en quittant la cour.

La représentante du parquet suédois a rejeté l’idée que le Premier ministre ait tenté de “dénigrer” Assange, comme l’avançaient ses défenseurs, mettant en garde “ceux qui attisent le feu médiatique et qui ne doivent pas s’étonner ensuite s’ils sont brûlés“.

Pendant les trois jours d’audition, lundi, mardi et vendredi, la défense a tenté de démontrer l’invalidité du mandat d’arrêt. Elle a notamment avancé que le fait que la justice suédoise veuille interroger Assange ne justifiait pas son extradition, et que les faits reprochés à leur client n’étaient pas des délits au regard de la loi britannique. Le viol a en effet une définition beaucoup plus étendue en Suède que dans d’autres pays.

Les autorités suédoises ont lancé leur mandat d’arrêt contre Assange à la fin de l’année dernière. Le fondateur de WikiLeaks, dont les supporteurs pensent qu’il est victime d’une machination pour discréditer son travail, a été arrêté début décembre à Londres, avant d’être libéré sous caution.

Après avoir bataillé toute la semaine devant la justice britannique, Julian Assange a regagné vendredi le manoir anglais, prêté par un ami, où il a été placé en résidence surveillée depuis la mi-décembre et où il devra attendre la prochaine étape de sa saga judiciaire.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/assange-sera-fixe-le-24-fevrier-sur-son-extradition-en-suede_961366.html?actu=1

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