Assange fixé sur son extradition mercredi

Le Monde.fr avec AFP | 28.05.2012

La Cour suprême britannique doit se prononcer mercredi 30 mai sur l’extradition de Julian Assange. Depuis qu’il a été interpellé en décembre 2010 à Londres et assigné à résidence, le créateur de WikiLeaks cherche par tous les moyens à échapper au mandat d’arrêt émis contre lui par la Suède dans une affaire d’agressions sexuelles, qu’il a toujours niées.Julien Assange, cofondateur de WikiLeaks, le 2 juillet 2011 à Londres.

En février 2011, la justice britannique avait accepté la requête de Stockholm. Julian Assange s’était alors tourné vers la Haute Cour, qui l’a également débouté en appel. Dans cette saga judiciaire, la décision de la Cour suprême est sa dernière carte au Royaume-Uni. Son sort devrait être scellé mercredi lors d’une audience express d’une dizaine de minutes, retransmise en direct sur Internet. Si la cour donne son feu vert, Julian Assange peut être extradé sous dix jours.

RECOURS POSSIBLE DEVANT LA CEDH

Le seul recours de l’Australien serait alors de saisir la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg. Cette dernière aurait alors quatorze jours pour accepter ou refuser le dossier, selon le parquet britannique. Si elle acceptait de s’en saisir, l’extradition serait suspendue et son assignation à résidence continuerait de s’appliquer, dans l’attente d’une nouvelle décision des juges de la Cour européenne.

La Cour suprême britannique, qui avait entendu chacune des parties début février, s’est donné presque quatre mois pour trancher cet épineux dossier. Lors de l’audience, la représentante de la Suède avait mis en garde les juges sur les conséquences d’un “non” à l’extradition, susceptible à ses yeux de remettre en question les règles du mandat d’arrêt dans au moins huit pays européens. De leur côté, les avocats d’Assange ont tenté de les convaincre de l’irrégularité de la demande suédoise. Selon eux, le fait que le mandat d’arrêt ait été émis par un procureur agissant au nom de l’Etat n’offre aucune garantie d’“indépendance et d’impartialité”.

LES ÉTATS-UNIS APRÈS LA SUÈDE ?

Assange a toujours assuré que les relations sexuelles qu’il avait eues avec ses deux accusatrices en Suède étaient librement consenties. Et ses partisans ont toujours clamé que l’Australien était victime d’un complot, en représailles à la publication par WikiLeaks en 2010 de milliers de documents confidentiels qui avaient fait trembler Washington et la diplomatie mondiale. Ils craignent aussi que son départ vers la Suède ne soit le prélude à une extradition ultérieure vers les Etats-Unis.

Depuis son arrestation, Assange s’est efforcé de ne pas tomber dans l’oubli, et ce malgré les difficultés financières de son site, qui a été contraint d’interrompre un temps ses diffusions. L’Australien a réussi à lancer dernièrement une série d’émissions télévisées, réalisant depuis sa résidence anglaise des interviews en duplex “d’acteurs politiques majeurs, de penseurs et de révolutionnaires du monde entier”. La première, diffusée mi-avril sur la chaîne de télévision russe pro-Kremlin RT et sur Internet, a effectivement fait parler de lui : Julian Assange s’y entretient avec Hassan Nasrallah, le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, ennemi juré d’Israël et de Washington.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/05/28/assange-fixe-sur-son-extradition-mercredi_1708274_651865.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

Be Sociable, Share!